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Salaires, droits sociaux, super profits, inflation, services publics, retraites, budget de l'État...
Sophie Binet était l'invitée des 4V, annonçant de nombreuses mobilisations en septembre, notamment le 29 septembre, un appel à la grève pour les salaires et les services
publics.
PLFSS 2027 – Politique
familiale :
des économies au détriment
des familles et
des étudiants malgré un
excédent de la branche
À l'approche de l'élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS),les pistes d'économies envisagées par le
gouvernement en matière de politique familiale se précisent. Alors que la branche Famille affiche un excédent de près de 1,2 milliards d'euros en 2025, il n'est nullement question d'en faire
bénéficier les familles : le gouvernement entend au contraire mettre en œuvre de nouvelles mesures d'économies ou procéder à une réorientation des fonds existants.
Le rapport IGAS-IGF commandé par le Premier ministre, intitulé sobrement « Revue de dépenses relative à l'efficacité des politiques
familiales » et publié le 14 août, prévoit près de 2,5 milliards d'euros d'économies à court terme et jusqu'à 4,2 milliards à long terme. Autant de dépenses supplémentaires que les parents et leurs
enfants devront supporter si elles sont mises en œuvre.
La CGT dénonce avec force l'ensemble de ces orientations, et en particulier les mesures suivantes :
La réduction des APL pour les étudiants, par l'intégration des revenus des parents dans leur
calcul. Cette mesure est particulièrement injuste au regard de la précarisation croissante des étudiant·es, qui constituent l'une des catégories de population les plus fragilisées économiquement.
Elle revient à faire peser sur les familles une charge supplémentaire, sans tenir compte de la réalité des situations familiales.
La suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité accordée aux familles dont les
enfants sont dans l’enseignement secondaire ou poursuivent des études supérieures, viendra alourdir davantage le coût de la scolarité et des études pour de nombreux ménages.
La nouvelle réduction du montant des allocations familiales pour les familles les plus aisées,
qui s'inscrit dans la continuité de la modulation des allocations introduite en 2015 et que la CGT a toujours combattue.
L'harmonisation à la baisse de certaines prestations, au motif qu'elles bénéficieraient davantage
aux familles les plus aisées. Cette logique remet fondamentalement en cause le principe d'universalité de la Sécurité sociale, pierre angulaire de notre système de protection sociale, que la CGT
entend défendre sans concession.
Une partie des économies ainsi dégagées serait réorientée vers la lutte contre la pauvreté et vers le secteur de l'accueil de la
petite enfance, qui traverse une crise particulièrement grave.
Si la CGT ne peut qu'être favorable à un renforcement des moyens dans ces domaines, elle refuse que ce financement se fasse au
détriment d'autres droits familiaux et au prix d'un démantèlement progressif de l'universalité des prestations.
Montreuil, le 21 août 2026
Le 3 mai 1936 a lieu en France le deuxième tour des élections législatives. Le
scrutin donne la majorité à une coalition de gauche, le Front populaire, conduite par le socialiste Léon Blum (64 ans).
Le Front populaire est une alliance électorale conclue deux ans plus tôt par les
trois grands partis de gauche : le parti communiste de Maurice Thorez, le parti socialiste de Léon Blum et, plus près du centre, le parti radical-socialiste d'Édouard
Daladier.
Sa victoire soulève dans les classes populaires un espoir d'autant plus grand que le
pays est tétanisé depuis plusieurs années déjà, par la crise économique dérivée du crach de Wall Street en 1929.
À peine le gouvernement est-il installé que se multiplient dans tout le pays, grèves
et occupations d'usines, de chantiers et de magasins, dans l'espoir d'un renversement du système capitaliste.
Ces grèves sur le tas gagnent très vite l'ensemble du secteur privé. Au total 2
millions de grévistes.
Le gouvernement restaure la paix sociale en signant avec les représentants patronaux
et syndicaux les accords Matignon dans la nuit du 7 au 8 juin 1936 (l'hôtel Matignon est la résidence du président du Conseil).
Les accords prévoient des augmentations de salaires, l'élection de délégués ouvriers
dans les usines, l'établissement de contrats collectifs et non plus individuels... Le travail reprend peu à peu dans les entreprises.
Léon Blum mène tambour battant des réformes sociales spectaculaires : congés payés
(11 juin 1936) et semaine de 40 heures (12 juin 1936) pour tous les salariés.
Il réforme l'organisation de la Banque de France (24 juillet 1936). Il nationalise
aussi les principales usines d'armement (11 août 1936) et crée un Office interprofessionnel du Blé (15 août 1936) pour maîtriser le cours des céréales. Le 31 décembre 1936, Léon Blum prend le temps
de savourer l'oeuvre accomplie : «Il est revenu un espoir, un goût du travail, un goût de la vie».
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