La préoccupation première de la population,
c’est de pouvoir vivre de son travail
Pour imposer une autre répartition des richesses, nous revendiquons dans nos entreprises et nos services des
augmentations de salaires et au niveau national l’abandon du budget d’austérité dont les pires mesures ne sont pas retirées et restent sous-médiatisées. Il faut répéter partout que tout est à rejeter
dans ce budget qui aurait des conséquences très violentes sur les travailleurs.
Le 2 décembre est une mobilisation intersyndicale, à l’appel pour l’instant, de la CGT, FSU et Solidaires
L'objectif affiché est de mettre le débat budgétaire "sous la pression de la mobilisation" et les motifs de colère sont multiples :
- La suppression de 3000 postes dans la Fonction publique et notamment dans l’Éducation nationale, à France Travail, aux Finances publiques, dans les
organismes de Sécurité sociale…
- Le gel du salaire des agent.es de la Fonction publique qui a déjà baissé depuis vingt ans de 23 % en euros constants ! La baisse des moyens des
services publics notamment des universités, des collectivités territoriales, de la culture, de la santé, de l'action sociale, ainsi que la baisse des dotations aux associations...
- La taxation des malades avec le doublement des franchises médicales qui pourraient atteindre 350€ par personne, l’augmentation des frais de
complémentaire et l’explosion des dépassements d’honoraires,
- La limitation à 15 jours des arrêts maladie et à 4 mois des arrêts en accidents du travail / maladies professionnelles (ATMP),
- L’année blanche et le gel des pensions de retraites jusqu’en 2030, ainsi que de toutes les prestations sociales (APL, allocations familiales,
bourses étudiantes, AAH, RSA…). Sous la pression, le premier ministre s’est engagé à y renoncer mais nous n’avons aucune garantie solide à ce stade,
- La baisse du budget des hôpitaux et des Ehpad alors qu’ils sont déjà contraints de fermer de nombreux lits,
- Une forte baisse des allocations familiales pour les parents d'enfants de plus de 14 ans...
Depuis 2020, ce chiffre ne cesse de grimper, révélant
une situation catastrophique et une véritable crise de la sécurité au travail. Ces drames sont le résultat d’un choix politique : celui de sacrifier la santé et la sécurité des
travailleur⋅ses
sur l’autel de la rentabilité. La liberté d’entreprendre subordonne toute autre situation y compris la santé-sécurité au travail.
Des chiffres accablants :
- 57 % des décès (432 cas) sont liés à des malaises,
reflétant une intensification des rythmes de travail ce qui interroge le lien qui peut être fait avec l’intensification des rythmes de travail et le stress au
travail.
- Les accidents liés à des causes externes atteignent
193 décès en 2023 contre 176 en 2022, tandis que le risque routier reste meurtrier avec 92 décès (12 % du total).
- 33 suicides sur le lieu de travail témoignent d’un
désespoir face à des conditions de travail insupportables.
Budget Lecornu :
un concentré de violence
sociale
Face à la mobilisation massive de la population, le premier ministre a été contraint à renoncer au vol de deux jours fériés, et à « suspendre » en décalant la
réforme des retraites. Malgré tout, le budget qu’il présente reste bien pire que celui de son prédécesseur.
Embourbé dans une crise démocratique qu’il a lui-même provoquée par son entêtement à faire passer des réformes
toujours plus antisociales (notamment la réforme des retraites, contre l’avis de la population, de tous les syndicats et du parlement), Emmanuel Macron a été contraint de changer une nouvelle
fois de premier ministre (le cinquième depuis le début du quinquennat). Un changement de casting n’implique pas un changement de politique, et le budget présenté par Sébastien Lecornu est dans la
continuité de celui de François Bayrou : antisocial.
Retraites : un décalage plutôt qu’une
suspension
Les mobilisations massives de 2023 et 2025 l’ont montré : la réforme des retraites est rejetée par une grande
majorité de Français·es. Pour sauver sa place, Sébastien Lecornu a été contraint d’annoncer une « suspension » de la réforme des retraites – une première brèche dans ce qui était un véritable totem
intouchable pour le président et ses gouvernements, à mettre à l’actif de la mobilisation des travailleur·ses.
Mais il ne faut pas se laisser berner : au delà des annonces, la proposition du premier ministre, en réalité
plus un décalage qu’une réelle suspension, est loin d’être satisfaisante :
- elle ne concerne que les générations de 1964 à 1968 ;
- ces personnes ne partiraient que trois mois plus tôt que ce que prévoit la réforme (et non pas à 62 ans et 9
mois) ;
- l’application de cette disposition entérinerait l’âge de départ à 64 ans ;
- pire cette suspension ne concernerait même pas les carrières longues (celles et ceux qui ont commencé
à travailler avant 20 ans).
Cette proposition est inacceptable. La seule vraie suspension, c’est le blocage immédiat de la réforme à 62
ans, 9 mois et 170 trimestres pour l’ensemble des générations, avant son abrogation pure et simple.
Pour financer le blocage (100 millions d'euros en 2026 et 4 milliards d'euros en 2030) puis l’abrogation (3,5
milliards d’euros en 2026 et 15 milliards d’euros en 2030), une multitude de dispositions peuvent être prises et notamment :
- la suppression progressive des 80 milliards d’exonérations de cotisations sociales dont 5,5 milliards d’euros
qui ne sont pas compensés par l’État et qui participent aux trappes à bas salaires ;
- l’égalité de salaires femmes-hommes qui rapporterait au minimum 6 milliards d’euros par an pendant quarante
ans ;
- l’élargissement de l’assiette des cotisations pour y intégrer toutes les primes, l’intéressement et la
participation (4,4 milliards d’euros) ;
- l’augmentation du forfait social sur les dividendes (alignement sur les cotisations dites patronales 10
milliards d’euros minimum) ;
- la lutte contre le travail illégal, qui fait perdre de 6 à 8 milliards d’euros de cotisations
retraite.
Un budget encore plus brutal pour les plus
vulnérables
Face à la mobilisation, le gouvernement a dû renoncer à la suppression de deux jours fériés. Mais cette
proposition n’était que la pointe émergée de l’iceberg, et le budget de Sébastien Lecornu reste une charge antisociale sans précédent :
- franchises et participations médicales (reste à charge sur les médicaments, rendez-vous médicaux, transports
sanitaires…) passant de 100 euros à entre 250 et 350 euros par an et par personne, s’ajoutant à l’explosion des dépassements d’honoraires et du montant des complémentaires santé
;
- gel des pensions, prestations sociales (allocations familiales, logement, adulte handicapé, RSA) et salaires
des fonctionnaires, ce qui équivaut à une baisse compte tenu de l’inflation ;
- baisse du budget des services publics et suppression de plus de 3 000 postes dans la fonction publique et les
organismes de Sécurité sociale, alors que les hôpitaux, les écoles, les universités, les crèches… n’ont déjà pas les moyens de fonctionner correctement ;
- maintien du projet de réforme de l’assurance chômage, visant à faire 3 milliards d’euros d’économies sur le
dos des privé·es d’emploi.
En résumé : pour préserver les ultra-riches et les grandes entreprises (211 milliards d’euros par an
d’aides publiques aux entreprises privées sans conditions ni contreparties), le gouvernement fait peser la quasi-totalité de l’effort budgétaire sur la population dont les plus vulnérables (personnes
âgées, personnes en situation de handicap et/ou malades, petits salaires, privé·es d’emploi…), alors même que l’Insee alerte sur le niveau de pauvreté record en France !
Poursuivre la lutte
Si les grèves et manifestations de septembre et octobre ont réussi à contrecarrer le discours en apparence
inébranlable du gouvernement et à ouvrir une première brèche, les travailleur·ses ne peuvent se contenter de ces annonces. La lutte doit se poursuivre jusqu’à l’abandon total de la réforme des
retraite et l’envoi de ce budget de la honte à sa place : dans les oubliettes de l’histoire.
Répondre à la crise qui frappe la France passe par la mise en œuvre de véritables mesures de progrès social et
d’égalité :
- la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus et qui contraignent
le versement des dividendes ;
- la conditionnalité des 211 milliards d’aides publiques aux entreprises privées ;
- les moyens permettant aux services publics d’exercer correctement leurs missions
;
- des mesures contre les licenciements et des investissements dans la réindustrialisation et la transition
écologique ;
- l’augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux
Montreuil le 23/10/2024
Le patronat empêche la revalorisation des retraites
complémentaires : inacceptable !
Comme chaque année avant le 1er novembre, le conseil d’administration de
l’Agirc-Arrco s’est réuni vendredi 17 octobre, pour discuter de la revalorisation annuelle des pensions de retraite complémentaire de celles et ceux ayant fait carrière tout ou partie dans le secteur
privé. Cela concerne 13,8 millions des 17 millions de retraité·es, dont un tiers de polypensionné·es public/privé.
La CGT, avec ses organisations Union confédérale retraité·es (UCR), Union générale
des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT) et la Fédération des travailleur·euses de la métallurgie (FTM) ayant appelé à manifester vendredi, revendique la prise en compte de l’inflation et un
rattrapage d’au moins 10% pour compenser les sous-indexation des dernières années.
Cela implique deux étapes : la revalorisation annuelle en CA de l’Agirc-Arrco et une
renégociation de l’accord cadre, sans attendre 2027, pour obtenir la compensation.
Toutes les organisations syndicales ont donc demandé conjointement une
revalorisation à 1% (inflation des douze derniers mois), et la CGT a demandé la réouverture des négociations.
Alors même que les réserves de l’organisme sont au plus haut à 88 milliards d’euros,
soit le double de ce qui est exigé, le patronat a refusé de voter toute autre proposition que 0.2% d’augmentation, et a profité des règles de vote en sa faveur pour empêcher tout
accord.
Il n’y aura donc aucune augmentation au 1er
novembre.
Les trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) le justifient par la cohérence
avec la discussion budgétaire qui commence au Parlement : le projet Lecornu, comme celui de Bayrou, prévoit dans le PLFSS une non-revalorisation des pensions de retraite du régime général, la double
peine.
Le patronat entend aussi punir les retraité·es, actuel·les et futur·es, de la
suspension même minime, de la réforme repoussant l’âge de départ en retraite à 64 ans.
Le patronat révèle son vrai dessein : en accord avec un nouveau gouvernement à sa
botte il veut baisser les pensions et futures pensions, au régime général comme dans les complémentaires, pour affaiblir le système actuel de retraites, par répartition et à prestation
définie.
La CGT exige la réouverture immédiate des négociations pour permettre une
revalorisation digne de ce nom, compensant l’inflation et les sous-indexations cumulées.
Les énormes réserves de l’Agirc-Arrco, capables d’absorber y compris l’abrogation de
la réforme 2023, sont la preuve que l’argent existe pour financer des retraites dignes de ce nom, pour les retraité·es actuel·les et futur·es, pour les femmes lésées par les inégalités, pour les
ouvrier·es et employé·es comme pour les ingénieur·es, cadres et techniciens (fortement concerné·es par l’Agirc-Arrco), comme pour les jeunes générations qui doivent avoir confiance dans le système de
retraite.
Montreuil, le 20 octobre 2025
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